Click and collect, drive, lockers : quelles différences ?

 
Le retail décrypté

Drive, click and collect, livraison à domicile, lockers : quatre façons de récupérer une commande passée en ligne. Elles partent du même geste. Pourtant, elles ne répondent ni aux mêmes usages, ni aux mêmes contraintes. On fait le point, en France comme en Belgique.

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Drive, click and collect, livraison ou lockers : commander en ligne est devenu un réflexe. Mais une question arrive ensuite. Comment récupérer sa commande ?

C’est ce qu’on appelle les modes de mise à disposition. Ils ont un point commun : la commande se fait à distance. En revanche, tout se joue sur le dernier mètre. Autrement dit, sur la façon dont le produit arrive entre les mains du client. Pour les enseignes, ce choix pèse donc lourd sur les coûts et sur l’expérience client.
En vidéo
En une minute, Ramy Bouzouita, expert retail chez BCC, décrypte les quatre modes de mise à disposition.
En chiffres
13,3 %des dépenses de grande consommation passent par l’e-commerce en France (NielsenIQ, 2025)
72 %des Français et des Européens placent la livraison à domicile en premier choix (Geopost)
2 500consignes bpost en Belgique, deux fois plus qu’un an plus tôt
10 000lockers Mondial Relay en France début 2026

Drive, click and collect, livraison, lockers : le comparatif

Mode Où le client récupère Atout principal Limite principale
Drive Point de retrait dédié, souvent accolé à un magasin, sans quitter sa voiture Rapide, idéal pour les gros paniers Nécessite un véhicule
Click and collect En magasin, à un comptoir ou dans un espace dédié Fait entrer le client en magasin Demande un déplacement
Livraison à domicile Chez lui, par l’enseigne ou un transporteur Aucun déplacement Coût du dernier kilomètre
Lockers Dans un casier automatique, avec un code Disponible 24 h/24, sans contact Taille des colis limitée

Le drive, une spécialité française

Le drive est un point de retrait dédié, souvent accolé à un magasin. Le client arrive en voiture. Ensuite, un employé charge la commande directement dans son coffre. Le client n’a donc pas besoin de sortir de son véhicule. Le concept est né en France au début des années 2000. Chronodrive, puis Leclerc Drive, ont ouvert la voie. Depuis, le drive s’est imposé comme un canal de distribution à part entière. Grâce à lui, la France est devenue un des pays les plus avancés d’Europe en e-commerce alimentaire. Selon NielsenIQ, l’e-commerce pèse ainsi 13,3 % des dépenses de grande consommation. Seul le Royaume-Uni fait mieux en Europe. Par ailleurs, le modèle continue d’évoluer. Le drive piéton s’installe en centre-ville pour les clients sans voiture. De plus, NielsenIQ prévoit une croissance de 5,7 % pour le drive en 2026.

Le click and collect, un retour en magasin

Le click and collect suit la même logique que le drive. On commande en ligne, puis on récupère sur place. Toutefois, le retrait se fait directement en magasin, à un comptoir ou dans un espace dédié.
Espace click and collect avec retrait en magasin chez Carrefour en Belgique
Espace de retrait en magasin chez Carrefour Belgique, extrait de la vidéo « Le retail décrypté ».
Pour l’enseigne, le click and collect offre un double avantage. D’abord, elle évite les frais de livraison. Ensuite, elle fait entrer le client dans le magasin. Celui-ci en profite souvent pour faire des achats complémentaires. Le client, lui, récupère sa commande rapidement, et souvent gratuitement. En Belgique, Colruyt a fait figure de pionnier avec Collect&Go, lancé dès 2000. Aujourd’hui, le service compte 250 points de retrait. Ainsi, 93 % des ménages belges en ont un à proximité (Colruyt Group, février 2026).

La livraison à domicile, sans déplacement

La livraison à domicile supprime totalement le déplacement. L’enseigne livre la marchandise chez le client, elle-même ou via un transporteur externe. C’est d’ailleurs le mode préféré des consommateurs. Geopost a interrogé 30 000 personnes dans 22 pays européens. Résultat : la livraison à domicile reste le premier choix pour 72 % des Français comme des Européens. Les enseignes belges accélèrent donc sur ce terrain. Par exemple, Carrefour Belgique met en avant une livraison en 3 heures sur plus de 5 000 produits. De son côté, Collect&Go livre à domicile depuis 2022. Le service couvre désormais 80 % du territoire, avec plus de 5 000 livreurs indépendants. Cependant, ce confort a un prix. Le dernier kilomètre reste le maillon le plus coûteux de la logistique. Chez Collect&Go, le client paie par exemple 5,95 € de préparation et 7 € de livraison. En outre, les absences compliquent la livraison. Pour limiter ces échecs, bpost propose depuis l’été 2026 de récupérer le colis le jour même dans une consigne.

Les lockers, disponibles 24 h/24

Les lockers, ou consignes automatiques, sont des casiers où le client récupère son colis avec un code. Il n’y a aucun contact humain, et l’accès est possible à toute heure. On les trouve dans les gares, sur les parkings ou devant les supermarchés. C’est aussi le mode qui progresse le plus vite. En Belgique, bpost est passé de 1 250 à 2 500 consignes en un an. L’opérateur en vise environ 3 500 d’ici fin 2026. Il s’appuie notamment sur les enseignes : bpost a installé 240 Bbox sur les parkings de Lidl. Au total, la Belgique pourrait compter près de 4 300 consignes fin 2026. En France, Mondial Relay a franchi le cap des 10 000 lockers début 2026. La Poste en compte environ 6 000, et Amazon près de 5 000. Pourtant, l’usage reste en retrait. Selon Geopost, 18 % des Français utilisent les lockers, contre 27 % en Europe. En effet, les Français restent très attachés aux points relais : 57 % les utilisent.
France / BelgiqueUn drive moins développé en Belgique. En Belgique, le drive alimentaire au sens strict est bien moins répandu qu’en France. Les Belges ont plutôt misé sur les points de retrait et la livraison. En revanche, le click and collect et les lockers sont tout aussi présents des deux côtés de la frontière.

Click and collect, drive ou livraison : que choisir ?

En réalité, aucun mode n’est meilleur que les autres. Chacun répond à un moment de vie. Le drive convient aux grosses courses de la semaine. Le click and collect, lui, sert pour un achat rapide. La livraison aide ceux qui manquent de temps. Enfin, les lockers conviennent à ceux qui rentrent tard. L’enjeu n’est donc pas de choisir. Il s’agit plutôt de combiner les bons modes, tout en maîtrisant les coûts. Voici nos recommandations :
  1. Partez des usages de vos clients. Zone urbaine ou rurale, clients motorisés ou non : le bon mix dépend de votre zone de chalandise.
  2. Combinez plutôt que choisir. Plusieurs options au moment de la commande rassurent le client et augmentent la conversion.
  3. Faites du retrait une expérience. Un comptoir bien placé et un accueil soigné transforment le retrait en point de contact.
  4. Mutualisez quand c’est possible. Accueillir les consignes d’un opérateur, comme Lidl avec bpost, apporte du trafic sans gros investissement.
  5. Maîtrisez le coût du dernier kilomètre. Frais de préparation, seuils de gratuité et créneaux permettent de garder une livraison rentable.
« Drive, click and collect, livraison à domicile, lockers : quatre façons de répondre au même besoin, la flexibilité du client. »
Ramy Bouzouita, expert retail chez BCC. Pour aller plus loin, découvrez aussi notre analyse sur les IA conversationnelles, nouveau point d’entrée du commerce.
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